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Le portrait du mois d’avril

Cécile Aghina, présidente du comité départemental de la Savoie (73)

Florian Baud : Peux-tu te présentertoiainsi que ton parcours de badiste ?

Cécile Aghina : J’ai 32 ans, j’ai 3 enfants (pour l’instant 2 mais d’ici avril j’en aurai 3), je viens de Franche-Comté, je suis savoyarde d’adoption et j’en suis ravie. Je pratique autant que je peux les sports de montagne et de plein air. J’adore Chambéry !

J’ai commencé le bad (enfin ce que je pensais être du bad !!) au lycée puis à la fac, mais j’ai vraiment intégré un club (le Bad club Chambéry) en 2013. Convaincue de rester « loisir », je me suis finalement rapidement prêtée au jeu de la compet (en restant à un niveau somme toute très raisonnable !). Mon tableau préféré est le simple, mais j’apprécie aussi le double mixte, et me laisse tenter parfois par le double dame. Avant le confinement, j’étais classée D7/D8.

F.B : Tu viens d’être élue présidente du comité départemental de la Savoie. Qu’est-ce qui t’a poussé à accepter ce rôle ?

C.A : Je suis entrée au CDBS en 2017 à un moment de changement partiel d’équipe et de président. Depuis la fac, j’ai souvent occupé des fonctions au sein d’associations, y compris en tant que présidente. Pour moi il était naturel de faire partie d’une association en lien avec le sport que je pratique. Comme je suis plutôt branchée projet – réflexion – j’ai préféré intégrer le comité plutôt qu’un club pour avoir une vision plus globale du badminton et être dans l’accompagnement des clubs.

F.B : Comment s’est déroulée la transition avec l’ancienne équipe du comité ?

C.A : La majeure partie de mon équipe constituait déjà l’équipe de l’ancien président. Cela a d’ailleurs beaucoup pesé dans la balance pour moi car je savais pouvoir compter sur elle. L’ancien président, Cyril Adam, a été très présent dans la transition, à la fois en amont puis après l’élection. Nous avons une vision commune de la notion d’équipe dirigeante.

F.B : Même si tu viens d’être élue il y a quelques mois, peux-tu déjà nous parler du projet du comité pour l’olympiade ?

C.A : Le projet du CDBS se décline sur deux grandes orientations : un badminton attractif et un badminton pour tous. On retrouve dans la première des objectifs autour de la fidélisation des licenciés, de l’affiliation de clubs non affiliés (il y a presque autant de joueurs licenciés en Savoie que de joueurs non licenciés ou au sein de clubs non affiliés), mais également un volet autour des jeunes et de la compétition. Dans la seconde orientation, nous souhaitons ouvrir la pratique du bad à un public plus diversifié (EPHAD, jeunes en difficultés, sport adapté…) pour d’avantage faire connaître notre sport et accompagner les clubs dans la communication auprès des territoires pour rendre le badminton plus visible dans le milieu sportif.

F.B : Tu sembles pouvoir compter sur une belle équipe : est-ce important pour toi ? Comment l’as-tu créée ? (cf en partie réponse sur la transition).

C.A : L’équipe était déjà quasi intégralement constituée quand j’ai été élue, c’est ce qui m’a poussée à accéder au poste de présidente car j’avais œuvré pendant 3 ans avec les membres, et je sais que ce sont des personnes engagées et motivées. Après, je continue de mobiliser aussi des joueurs qui m’entourent pour l’étoffer encore.

F.B : En plus de cette équipe de bénévoles, le comité emploie un salarié, Frédéric Château. On imagine que c’est un grand avantage pour mener à bien les missions au quotidien, quel est ton regard sur cet emploi ? Quel devenir souhaites-tu pour l’emploi au sein de ton comité ? Plus largement, que penses-tu de l’emploi badiste ?

C.A : L’emploi de Frédéric est aussi l’une des raisons qui m’a poussée à m’engager à cette fonction de responsabilité, car je savais compter sur un salarié solide. Il est aujourd’hui à temps plein et nous avons vraiment eu à cœur depuis l’olympiade précédente de professionnaliser au maximum cet emploi (passage d’un mi-temps à un temps plein notamment). Nous souhaitons maintenant aller plus loin pour que sa fiche de poste soit quasiment exclusivement dédiée au développement (il a encore une partie de son temps dédiée à l’encadrement de la pratique) pour justement mener à bien notre projet. Nous souhaitons aussi nous engager dans une démarche de formation : Frédéric Château est un salarié d’expérience et il a toutes les qualités pour encadrer des futurs professionnels en devenir. Pour la rentrée à venir nous avons donc pour objectif d’accompagner un apprenti en formation à Voiron et pourquoi pas poursuivre cette démarche ensuite.

L’emploi badiste reste un sujet délicat à mon sens (je partage ma vie avec un ancien coach de badminton, je sais de quoi je parle !). C’est à la fois un métier attractif par sa diversité, ses relations et son autonomie dans le travail, mais ce dernier avantage crée également des inconvénients. Dans un département comme le nôtre, le salarié badiste est souvent seul sur sa structure, et doit impérativement être soutenu par un conseil d’administration présent presque au quotidien (ce qui n’est pas évident dans le milieu associatif donc porté par des bénévoles). Les contraintes d’organisation sont également parfois un frein : travailler le soir, le week end… ce n’est pas toujours compatible avec la vie de famille par exemple. Je pense qu’il faut réellement réfléchir en profondeur à l’attractivité de l’emploi badiste pour que les jeunes sportifs aient envie de s’engager dans ce parcours sur du long terme, et pas uniquement dans leurs premières années de leur vie professionnelle.

F.B : Face à la baisse du nombre de femmes impliquées à tous les échelons (joueuses, dirigeantes, officielles techniques) la ligue a entamé une réflexion sur la pratiqueféminine depuis plusieurs mois. Pour toi, être une femme a été un frein, un moteur, tu n’y as jamais pensé en ces termes ? Que dirais-tu à toutes les femmes qui hésitent à venir ou à s’engager pour les convaincre ?

C.A : Pour moi être une femme n’a jamais été un frein, je dirais même que j’ai senti un élan d’engagement au niveau de la ligue quand j’ai été pressentie à la présidence. Mais je conçois que la représentation de la place des femmes peut parfois faire hésiter à la prise de responsabilité : certains combats sont plus difficiles à mener en tant que femme. Pourtant, je pense que beaucoup de choses évoluent dans les esprits et dans le quotidien concernant l’égalité homme /femme et que de fait, nous avons toute notre place à prendre sans avoir à rechercher une légitimité particulière. Pour moi, et c’est ce que j’ai envie de dire à des femmes qui hésiteraient, on peut être mère de famille, professionnelle et bénévole engagée, du moment qu’on en retire une satisfaction personnelle, l’équilibre entre ces casquettes est même salutaire.

F.B : Pour finir, que peut-on te souhaiter pour cette saison ?

C .A : Cette fin de saison est toute particulière pour moi car elle sera centrée sur ma famille qui s’agrandit !! je suis loin des terrains pour d’autres raisons que la crise sanitaire ! J’ai bien sûr quand même à cœur de pouvoir poursuivre nos réflexions sur notre projet d’olympiades avec tous les motivés qui m’entourent ! Je souhaite également à tous les joueurs de pouvoir fouler à nouveau les terrains très vite et de revenir avec encore plus d’envie de partager et prendre du plaisir !